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mardi 15 mars 2016

Chronique • Oh, boy ! - Marie-Aude Murail

 
 
Madame l'écrivaine,
Oh, boy ! a été un véritable ascenseur émotionnel. Je ne m'attendais pas à avoir le cœur tant serré et le sourire aux lèvres de si nombreuses fois. Les émotions sont clairement au rendez-vous dans votre roman sans qu'elles ne paraissent forcées. Je me suis sentie réellement touchée par l'histoire de ces trois orphelins. Je ne m'attendais certainement pas aux évènements qui révélés au fur et à mesure de l'histoire. Vous m'avez beaucoup surprise. Vous avez touché à tant de sujets si difficiles, si complexes, si personnels. Vous vous affranchissez sans gêne des tabous et j'ai trouvé que vous révéliez la vie dans sa dureté sans pencher de façon inquiétante dans le larmoyante. Vos personnages donnent de la fraicheur à votre récit difficile. J'ai été profondément touchée par Bart, Venise et Siméon. Je me suis rapidement attachée à eux, ce sont des personnages émouvant mais toujours très drôle et ils m'ont fait beaucoup sourire. Par contre, j'ai peu été attachée à Morgane, timide et solitaire, que j'ai trouvée très effacée. C'était bien sûr en accord avec son caractère mais j'aurais aimé la voir un peu plus, la voir grandir et gagner en autonomie, elle qui est toujours présentée comme l'ombre de son frère. Cependant, je l'ai toujours plus appréciée que Josiane que je n'ai vraiment pas aimée.
Votre style m'a beaucoup plu. Votre écriture est simple mais retranscrit bien les émotions et fait passer du rire aux larmes. J'ai beaucoup aimé votre façon d'intituler les chapitres, certains m'ont fait beaucoup sourire et d'autres m'ont fait comprendre certains choix. J'ai été portée par vos mots et je me sentais intégrée dans la fratrie, quémandant les bisous de Venise, discutant de livres avec Siméon et Morgane, taquinant Bart.
Merci madame l'écrivaine. Vous m'avez prouvé que même dans les moments les plus difficiles, il faut garder espoir, un sourire n'est jamais loin.

 

vendredi 17 avril 2015

Chronique • No et moi - Delphine de Vigan


Titre : No et moi
Auteur : Delphine de Vigan
Édition : Le livre de Poche
Collection : /
Sorti en : 2007
Prix : 6,10 €
Nombre de pages : 250
Genre : Contemporain
Traduit par : /


 

"Et si c'était ça le bonheur, pas même un rêve, pas même une promesse, juste l'instant."

Résumé:
Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri…

Petits trésors : J’ai aimé la couverture et c’est d’ailleurs elle qui m’a attirée pour acheter le roman. J’aime beaucoup le visage de No – oui après vérification, c’est bien No, parce que pour la petite histoire, j’en ai parlé avec ma mère et mon copain, et tout deux soutenaient que No n’était pas la fille au premier plan, donc il a fallu que je vérifie pour en avoir le cœur net – bref, le visage de No a l’air comme fascinée.

Lou rencontre No, une jeune SDF et décide de faire un exposé sur le sujet. Après plusieurs entretiens, la jeune adolescente se lie d’amitié avec No. L’histoire se déroule à Paris, et outre le fait que les lieux puissent nous être familiers, on se sent touché par le roman. Il s’agit c’est vrai d’un sujet qui peut être traité universellement mais en le situant en France, il a une dimension plus proche des lecteurs français. Évident me direz-vous, un livre qui se passe chez nous est forcément, plus proche de nous. Mais ici, le sujet dévoile une réelle facette de la société que l’on cherche parfois à gommer. Cette envie est d’ailleurs dénoncée dans un passage.

Je vais éviter de trop m’égarer sur le sujet, et me concentrer sur les personnages. Je suis assez mitigée. Je me suis attachée, c’est vrai. Mais il y a quelques fois où j’ai eu un peu de mal. Lou est une jeune fille très mature. J’ai beaucoup aimé son point de vue qui était à la fois rêveur et réaliste. Lou sait rêver les yeux ouverts et, en même temps, elle a des réflexions sur la société tellement juste. Cependant, le coté surdouée qui offre ce paradoxe entre enfant et adulte, m’a parfois un peu dérangée. Lou met sans cesses au point des théories, fait des expériences toujours plus farfelues. Au début, ça m’a amusée de voir qu’on pouvait réfléchir à tant de choses. Mais petit à petit, et après en avoir brièvement parlé avec quelques membres de Livraddict, j’en suis venue à la conclusion, qu’il était vrai, le personnage de Lou était légèrement stéréotypé, du moins de mon point de vue. Cela ne m’a pas beaucoup dérangée mais j’ai été forcée de le constater. Les personnages que j’ai préférés sont le papa de Lou et Lucas. La papa de Lou était très protecteur envers sa fille et assez ouvert. Chez Lucas, j’ai aimé son côté posé et très réaliste mêlé à un aspect plus rêveur.

L’histoire m’a touchée et j’ai apprécié les brèves analepses qui retraçait la vie de Lou ou de No. Ça permettait quelques pauses dans le roman qui était très prenant. J’ai eu du mal à le lâcher. J’ai aimé découvrir les liens qui se nouaient entre les différents personnages, les voir évoluer. La plume de l’auteur est très agréable à lire et proche du lecteur. En y réfléchissant, je m’aperçoit que je me suis bien plus attachée aux personnages qu’à l’histoire. Je n’ai pas aimé la fin. J’ai eu une impression d’inachevé. Encore pleins de questions dans la tête. Mais finalement, c’est tellement en accord avec les personnages que je ne peux pas en vouloir à l’auteure.

Un roman qui frôle les étoiles grâce à son sujet touchant et ses personnages attachants.
 
 
Cette chanson d’Edith Piaf, grâce à sa voix pleine d’émotion notamment, démontre, à mon avis, la dureté de la rue, surtout lors d’évènements censés être joyeux.

Quelques chiffres…
- 141 500 sans-domicile en France début 2012
- 2/5 sont des femmes
- 26 % sont âgés de 18 à 29 ans
- 1/4 ont un travail régulier ou un « petit boulot »
Source : Insee
 
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vendredi 20 février 2015

Chronique • Pierre contre ciseaux - Inés Garland

Titre : Pierre contre ciseaux
Auteur : Inés Garland
Édition : Ecole des loisirs
Collection : Médium
Sorti en : 2009
Prix : 16 €
Nombre de pages : 228
Genre : Jeunesse, drame
Traduit par : Sophie Hofnung (titre original "Piedra, papel o tijera")


 
"Il ne restait plus que ses yeux et je voyageais en eux vers un espace infini."

Résumé :
Alma habite à Buenos Aires. Chaque week-end, elle retrouve Carmen et Marito dans une île du delta. Avec eux, elle découvre la liberté, l'amour et la vie dure.
Mais le coup d'État du 24 mars 1976 et l'instauration d'un régime de terreur les éloignent. Le temps de l'innocence où on pouvait tout résoudre en jouant à pierre, feuille, ciseaux est révolu.
Marito l'aide à ouvrir les yeux. Révoltée et amoureuse, Alma se dégage de la gangue familiale, de son égoïsme de nantis, découvre la lutte sociale, mais aussi le visage hideux de la violence politique. Et la tragédie s'invite dans leur vie.
Une magnifique histoire d'amours impossibles et de rêves qui se perdent dans les eaux troubles du fleuve et dans les heures noires de l'histoire de la dictature argentine.

J'ai emprunté ce livre à la bibliothèque, attirée par la couverture et le titre. Je l'avais légèrement oublié durant le challenge mais à chaque fois que je voyais la couverture, j'avais très envie de le lire.

Nous suivons Alma, un jeune fille qui raconte son passé, son enfance passé dans une île d'Argentine, aux côtés de Carmen, Marito, Tordo, dona Angela, la Hongroise… J'ai beaucoup aimé son point de vue, je me suis très rapidement attachée à elle, c'est une héroïne très sensible. Le déroulement sur plusieurs années m'a semblé parfait. On apprend à connaître Alma, à la comprendre, on vit dans son univers. On la voit grandir, s'épanouir, vivre.

Je n'ai pas trouvé de réelle action dans la première partie. On suit simplement Alma dans ses journées, ses émotions, ses jeux avec Carmen et Marito, ses peurs et craintes, ses envies… Cette absence ne m'a absolument pas dérangée. Alma est à elle seule le fil conducteur de cette histoire. Elle la mène à bout sans fausses notes. La seconde partie est un peu plus dans l'action, même si Alma n'y est pas au cœur. J'ai aimé cette fluidité, cette façon d'écrire si simple, si proche des émotions et du cœur. Pas besoin de tenir le lecteur en haleine, il tient tout seul, attaché aux personnages, à l'île et à la douceur des mots. J'avais l'impression de vivre sur l'île, j'ai voyagé jusqu'en Argentine, vivant auprès d'Alma.

Ce livre m'a réellement bouleversée. Depuis que j'ai tourné la dernière page, je n'arrête pas d'y penser. L'histoire est d'autant plus touchante que nous suivons Alma depuis son enfance, nous avons appris à la connaître, j'avais l'impression de lire l'histoire d'une amie. L'histoire d'Alma n'est peut être pas vraie mais des personnes ont vécu ça. Elles ont vécu la vie d'Alma. Ce livre leur rend un hommage magnifique. Je ne sais pas quoi dire sur les émotions que j'ai ressenties, tant j'ai été émue et touchée par ce roman.

Plus qu'un coup de cœur, Pierre contre ciseaux est du cristal, de la poésie sur une vie.



P.S : Un chanson sur "los desaparecidos", enlevés pendant la dictature argentine, quoi de mieux pour illustrer ce roman au cœur de l'Histoire.


Note de l'éditeur sur la dictature en Argentine
(Pierre contre ciseaux, Inès Garland, Ecole des loisirs.)



samedi 14 février 2015

Chronique • Si je reste - Gayle Forman


Lu dans le cadre du challenge petit mois, petites lectures.

Titre : Si je reste
Auteur : Gayle Forman
Edition : Pocket
Collection : /
Sorti en : 2014
Prix : 6,20 €
Nombre de pages : 183
Genre : Drame
Traduit par : Marie-France Girod (titre original "If I stay")

Chanson : Partir avant les miens - Balavoine

 

"Je me rends compte maintenant que c'est facile de mourir. C'est vivre qui est difficile."

Résumé :
Mia a 17 ans. Un petit ami rock star en herbe. Des parents excentriques. Des copains prétentieux. Un petit frère craquant. Beaucoup de talent et la vie devant elle.
Quand tout s'arrête. Ses rêves, ses projets, ses amours. Là, dans un fossé, au bord de la route. Un banal accident de voiture... Comme détaché, son esprit contemple son corps, brisé. Mai voit tout, entend tout. Transportée à l'hôpital, elle assiste à la ronde de ses proches, aux diagnostics des médecins. Entre rires et larmes, elle revoit sa vie d'avant, imagine sa vie d'après. Sortir du coma, d'accord, mais à quoi bon? Partir, revenir? Si je reste...

Après l'engouement suscité par Si je reste, je l'ai rapidement sorti de ma PAL toujours en profitant du challenge.

Le roman est raconté du point de vue du "fantôme" de Mia, coincée entre le monde des vivants et celui des morts. Une position transitoire qui lui permet de choisir de quel côté elle préfère basculer. L'histoire est partagée par ce que vit la jeune fille dans l'hôpital, les visites de ses proches, les soins des infirmières, etc. et ses souvenirs en compagnie de sa famille, ses amis et la musique.

L'histoire est extrêmement touchante et le personnage de Mia l'est aussi. Le fait qu'elle soit là sans être là permettait au roman de jouer sur passé et présent, s'attardant même parfois sur le futur que l'héroïne, pourrait vivre. J'ai trouvé Mia très attachantes, comme tout les personnages d'ailleurs. J'ai beaucoup aimé le grand-père de Mia, très affecté par la situation et à la fois si compréhensif. Un passage où il est présent m'a même arraché quelques larmes, tellement ses paroles étaient touchantes. Mia est un personnage très mature, sensible et j l'ai compris du début jusqu'à la fin. Elle aurait pu choisir n'importe qu'elle issue je l'aurais comprise. Je me suis retrouvée en elle, ce qui m'a permis de vraiment m'attacher.

La plume de l'auteur est agréable et les sentiments des personnages sont bien abordés. De plus, j'ai trouvé que la majorité des personnages étaient bien développés, et ceux qui l'étaient moins n'étaient que de passage. Le roman est réellement axé sur les émotions et les sentiments mais surtout sur une question existentielle : vivre ou mourir.

Un roman bien développé mais surtout très touchant avec des personnages forts.


P.S : J'ai trouvé que la chanson était en raccord avec les sentiments de Mia qui a du mal à faire face au choix devant la perte de sa famille.

Bonus :