dimanche 4 septembre 2016

Chronique • L'élégance du hérisson - Muriel Barbery


 
Madame l'écrivaine,
Votre livre est une petite pépite. J'avais l'impression de manger un chocolat tout au long de ma lecture. Au vu du résumé, je ne pensais pas dire ça mais c'est un livre tellement drôle et réconfortant. Je ne sais pas comment d'écrire votre livre tellement il déborde d'originalité et de fraicheur. C'est un livre qui fait sourire, mais pas que. C'est un récit très intelligent avec des personnages très cultivés. Pourtant ça n'est pas élitiste ou prétentieux. Je sais qu'il y a des gens qui l'ont perçu comme cela mais pour moi il y a beaucoup d'autodérision malgré le fait que oui, c'est un livre intellectuel avec beaucoup de références. Vous avez su mêler humour et réflexion. Il est vrai que c'est assez stéréotypé mais vous riez et jouez de ces idées reçues.
J'ai beaucoup aimé les personnages même si j'avoue avoir eu une petite préférence pour Paloma et ses pensées. Je la trouve très touchante parce qu'elle une façon de voir le monde à la fois lucide et enfantine, elle a une maturité incroyable, une réflexion très poussée. Elle dégage une certaine assurance sans paraître vaniteuse. Elle est simplement elle. Renée est celle qui m'a le plus appris. Elle a une culture débordante. J'aurais aimé qu'il y est peut-être un peu plus de contacts entre les deux protagonistes principaux mais en même temps j'ai trouvé que c'était très bien comme ça. Il y a une proximité de leur esprit sans qu'elles ne s'en rendent compte. J'ai ressenti comme un parfum de nostalgie et d'ancien, alors que votre livre n'est pas spécialement vieux, et je pense que c'est Renée qui m'a véhiculé cette idée que j'ai trouvé très agréable.
Merci madame l'écrivaine, votre livre est magnifiquement beau, poétique et touchant.
 

samedi 3 septembre 2016

Chronique • Je m'appelle Livre et je vais vous raconter mon histoire - John Agard


 
Monsieur l'écrivain,
L'originalité de votre livre est indéniable. Le concept est bien trouvé et je me suis rapidement prise au jeu. Livre est un personnage à part entière. D'un objet, vous le faites passer grâce aux mots à un être vivant. C'est une idée simple, enfantine, mais très bien réalisée. Il y a d'ailleurs un ton assez enfantin favorisé par le tutoiement et la proximité avec le lecteur mais aussi tout le jeu autour du texte parfois grand, parfois petit, et les illustrations de Neil Parker qui font partie intégrante du récit. En plus de raconter une histoire, l'objet livre est très complet et peut plaire autant à de jeunes enfants qu'à des lecteurs plus âgés. Effectivement, la beauté et le soin apporté au livre plait au plus grand nombre et le nombre de références, que ce soit à l'Histoire ou à des textes, permet d'intéresser les lecteurs plus âgés. J'ai beaucoup aimé les citations intégrées au récit qui le rendent vivant tout en gardant à l'esprit le coté éducatif du livre.
Merci monsieur l'écrivain, il fallait oser, vous l'avez fait.
 
 

vendredi 2 septembre 2016

En pellicule • Omar - Sébastien Gabriel


 
Monsieur le réalisateur,
Tombée un peu par hasard sur votre court-métrage, j'ai été surprise et heureuse d'y retrouver François Civil dont j'admire le talent. J'ai beaucoup apprécié la façon dont le sujet est traité. Même si on peut avoir l'impression qu'il reste survolé, notamment parce que la réaction des personnages reste assez vague, il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une campagne de sensibilisation dont le message est important. Il y a peut-être un coté un peu aseptisé, je m'imagine la violence homophobe plus agressive mais cela reste tout de même très révélateur, vous n'avez pas besoin d'apitoiement, de grands cris ou de violence physique pour faire passer votre message. Le silence suffit et je dois même dire qu'il est très puissant. J'ai vraiment apprécié les personnages d'Omar et d'Arthur. Leur différence de point de vue face à l'homosexualité tout en la vivant tous les deux montre deux réactions différentes face à l'homophobie : je ne veux pas attirer les regards alors je reste secret et je n'ai pas à me cacher car je suis fier de ce que je suis. Ils se complètent assez bien, l'un faisant réagir l'autre.
Ce que j'ai le plus apprécié dans votre court-métrage, c'est la poésie. C'est ce jeu avec les mots dans ces slams qu'écrivent et se partagent ces deux personnages, c'est toute cette beauté de l'écriture. C'est la chose qui m'a conquise. Je trouve que le slam est très bien utilisé, ses apparitions sont attendues avec impatience mais vous n'en abusez pas. Votre histoire est très bien construite autour de la beauté des mots.
Merci monsieur le réalisateur, j'ai été très agréablement surprise.

 

lundi 29 août 2016

Chronique • L'amour dure trois ans - Frédéric Beigbeder


 
Monsieur l'écrivain,
Il s'agit du premier roman de votre plume que j'ai lu, et je dois vous avouer que j'avais un peu peur de me lancer. Vous faites beaucoup parler de vous et j'ai cru comprendre que soit on vous aimait, soit on ne vous aimait pas. A vrai dire, après ma lecture, je me suis sentie comme soulagée. Vous avez été comme démystifié. Il est vrai que vous avez un style très particulier : votre écriture est crue mais recherchée, vous jouez avec les mots, c'est ni vulgaire ni soutenu, c'est vous. Je n'ai pas vraiment accroché à l'histoire ou même aux personnages. Le récit relate une vie désillusionnée par l'amour et le personnage est beaucoup dans l'introspection, se pose pas mal de questions, c'est finalement assez personnel et intime comme roman. En revanche, j'ai aimé votre écriture. J'ai trouvé que l'utilisation de la langue était plus intéressante que le texte en lui même. Je ne sais pas si c'est bien ou non, mais en tout cas, ça ne m'a pas dérangé dans votre roman. Vous avez un humour incroyable. Toutes les pages débordent d'humour. Vous mêlez cynisme, humour noir et ironie à la perfection. Il y a un côté bobo assumé très plaisant parce que c'est très court et que c'est drôle.
Merci monsieur l'écrivain, j'ai été surprise de découvrir votre plume.
 

dimanche 28 août 2016

Chronique • Coeur de Brindille - Yves-Marie Robin


 
 
Monsieur l'écrivain,
Je suis assez triste de devoir vous avouer que je n'ai pas apprécié votre livre comme j'aurais aimé le faire. Vous avez une écriture magnifique, un style bien reconnaissable, entre poésie et franc parlé. Des métaphores pleins les poches, vous êtes un peu un magicien des mots. Malheureusement, cela ne m'a pas suffit. J'ai eu beaucoup de mal à m'attacher aux personnages qui pourtant ont une présence certaine : Lolita dégage une assurance incroyable, Diego est surprenant, Angelo touchant... Il n'y a que Monsieur Lemerle a qui je me suis attachée, ce monsieur un peu gauche, un peu perdu mais très attentif et à l'écoute. Cette difficulté à m'attacher a sûrement été causée par le nombre incroyable de points de vue : entre celui de Lolita et Diego, celui d'Angelo, du couple Lemerle et de l'assistante sociale, je me suis sentie un peu perdue. Je fais peut-être une overdose de points de vue multiples tant j'en eu dernièrement.
J'ai aimé le cadre des années 70 ainsi que le milieu du cirque mais je trouve vraiment dommage qu'ils n'est pas étés plus exploités. Je m'attendais à une aventure incroyable sous le chapiteau, entre acrobates et numéros de clown mais j'ai trouvé que le cirque n'étaient finalement qu'un prétexte pour permettre à Lolita de s'échapper. La relation entre Lolita et Diego m'a semblé trop rapide, à moins que j'ai eu un soucis avec la temporalité, perdue entre tous les personnages. Finalement, l'aventure m'est apparue comme un peu simple. Les personnes rencontrées sont toutes très bienveillantes, les personnages principaux ne sont jamais réellement en danger. C'était à la fois assez satisfaisant parce qu'on ne leur souhaite aucun mal, et à la fois un peu trop facile pour eux. Je suis assez mitigée parce que vous exploitez des thèmes importants comme la prison, la déportation avec Moïse, l'alcoolisme, la clandestinité, mais j'aurais beaucoup aimé que cela soit plus profond et traité plus en détail. Toutefois, votre livre a su me toucher grâce aux lettres échangées de Lolita et Angelo. Leur relation est très belle et la ferveur que met Lolita pour voir son frère est remarquable.
Merci monsieur l'écrivain, même si votre livre n'a pas su me convaincre, je reste certaine que vous avez une plume très belle. 
 
 

vendredi 26 août 2016

Chronique • Scarlet - Marissa Meyer

 
 
Madame l'écrivaine,
Je me suis plongée avec beaucoup de joie dans le tome 2 des Chroniques Lunaires. Après un premier tome qui m'avait complètement surprise, je n'attendais pas moins de la suite. J'attendais avec impatience d'être de nouveau immergée dans cet univers futuriste et de faire la connaissance de Scarlet. C'est pourquoi j'ai été un peu chiffonnée de voir qu'elle partageait la narration avec Cinder. Le découpage m'a laissée un peu perplexe parce qu'avoir le point de vue de ce personnge si tôt ne m'a pas permis de m'attacher à Scarlet comme j'avais pu le faire pour Cinder. J'ai trouvé qu'elle était très présente par rapport au personnage principal de ce tome. Malgré tout, j'ai finit par apprécier Scarlet, même si je la trouve plus fade que Cinder. Je pense que cette sensation est engendrée par le parallèle effectué par les points de vue qui facilite parallèle entre les personnages. En effet, en plus de comparer les personnages féminins, j'ai été tentée de faire la même chose pour Kai et Loup. Loup est un personnage assez mystérieux et je l'ai apprécié parce qu'il apporte beaucoup de rebondissements, il est très polyvalent et je garde encore plusieurs questions à son sujet. En parlant de rebondissements, quel suspens ! Vous m'avez tenue en haleine plusieurs fois, et il m'était impossible de lâcher votre livre tant j'avais besoin de la suite.
Le cadre est assez différent du premier tome et même si je n'ai pas eu la surprise que m'avait procuré le précédent, j'ai quand même apprécié la campagne française suivie de Paris. Malgré les quelques reproches que j'ai pu faire sur le double ou triple (voire même quadruple !) point de vue, j'ai tout de même apprécié de retrouver Cinder. Il est vrai que cela ralenti un peu l'histoire principale et le lien entre l"e deux protagonistes est long à se mettre en place, mais je ne peux pas dire que j'en ai beaucoup tenu rigueur. J'ai trop aimé retrouvé son caractère de feu accompagné d'un nouveau personnage complètement décalé, dans un vaisseau qui m'a fait penser au Faucon Millenium, pour reprocher sa place dans votre roman. Toutefois, ce choix me laisse un peu perplexe pour les prochains tomes, j'avoue avoir un peu peur que cette multiplicité de personnages me perde un peu. Pour ce qui est de ce tome-ci, le défi est relevé, l'écriture est réussi et vous m'avez transportée !
Merci madame l'écrivaine, Scarlet n'atteint peut-être pas le niveau de Cinder, mais elle n'en demeure pas loin.
 

lundi 22 août 2016

Chronique • Roméo sans Juliette - Jean-Paul Nozière


 
Monsieur l'écrivain,
Je ne m'attendais pas à ça. Votre livre est une bombe à retardement. Vous avez un pouvoir incroyable pour mettre les mots à votre service et leur demander de nous tenir en haleine. Votre livre se lit très rapidement. C'est vrai que c'est assez court et qu'il y a beaucoup de dialogues qui rendent le récit vivant mais ce n'est pas ça qui m'a vraiment poussé à ne pas me détacher de votre histoire. Non, c'est cette tension palpable, ce risque de basculer à tout moment : c'est la déchéance qui se promet sans qu'on arrive à la toucher. Dès le début, on sait que c'est grave, que c'est moche et que c'est triste, que ça va arriver, mais quand ? Vous étirez le temps d'une manière à rendre votre récit à la fois grave et poétique. J'ai aimé entrer peu à peu dans les vies de Roméo et Juliette grâce aux flash-backs. En vérité, la quasi-totalité du récit est une ellipse, ce qui permet de pouvoir facilement suivre la narration qui déjà partagée entre les points de vue respectifs de Juliette et Roméo. J'ai trouvé que c'était savamment étudié, à la fois pour ne pas perdre le lecteur et à la fois pour avoir une construction étonnante basée sur des conséquences dont on ne connaît pas les actes.
Les personnages ne me sont pas apparus comme très attachants mais je les ai trouvé touchants. Finalement, je me suis assez peu investie dans le récit. Je ne sais pas si c'est à cause de la référence évidente à Shakespeare, mais je me suis retrouvée comme spectatrice de leur histoire. La tragédie est respectée mais vous lui offrez une modernité incroyable. Je ne peux que souligner le titre, qui est certes simple mais que je trouve tellement bien choisi. Les thèmes sont variés, et je ne pensais pas que ce livre aborderait l'homosexualité ou le racisme. C'est une histoire très riche, avec une pudeur dans l'écriture qui m'a beaucoup touchée.
Merci monsieur l'écrivain. Autant vous l'avouer, j'ai été triste qu'il y est eu un épilogue, cependant je vous remercie pour l'espoir que vous apportez. C'est important.