samedi 14 mars 2015

Chronique • Racines de Sable - Isabelle Guigou

 
Titre : Racine de Sable
Auteur : Isabelle Guigou
Édition : Le verger des Espérides
Collection : Humanistes en verve !
Sorti en : 2010
Prix :  16 €
Nombre de pages : 159
Genre : Jeunesse, historique
Traduit par : /

Chanson : Mes Racines - Renan Luce




"J'ai deux familles et je serais l'enfant de tout un peuple ; je chanterais le soleil retrouvé, et le fouet des pluies qu'il a dû affronter."

Résumé :
Slimane sait qu'il a été recueilli pendant la guerre qui a opposé la France et l'Algérie. A l'adolescence, il refait le trajet qui l'a mené de son village d'origine à Bou-Saâda. En chemin, il multiplie les rencontres et partage des petits bouts de vie avec des personnages très différents. Toutes ces rencontres l'aident à grandir, à comprendre que nous cherchons tous, d'une manière ou d'une autre, à savoir qui nous sommes vraiment.

Attirée par la poésie du titre, l'originalité de la typographie, sorte de carnet de bord de voyage, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire.

J'ai beaucoup aimé le fait que l'auteure est repris un témoignage, fait de la biographie quelque chose plus romancée. Ce fait permettait de garder une lecture fluide, peut être moins dure, tout en gardant à l'esprit que c'est l'histoire d'un homme et celle de plusieurs autres. Malgré toutes les duretés dénoncées, l'auteur réussit à garder une certaine finesse, une pudeur pour ne pas prendre parti.

Les personnages sont touchants, ils ont tous une profondeur dans l'âme, une dimension que leur procure la réalité de ces hommes. La dureté de la vie offre des personnages hauts en couleur, vrais, authentiques. Les sentiments et les émotions portés par la récit magnifient l'histoire de Slimane. La réalité des faits et des hommes donne de la force aux mots. J'ai du mal à être critique sur l'histoire de la vie d'un homme, sur ce qu'il a subi et vécu, je ne peux pas juger la vie d'un autre, qui de plus a eu le courage d'affronter le regard des autres en témoignant. Cette histoire une leçon de vie, une leçon de courage, une leçon d'espoir.

L'auteure réussi à retranscrire la vie de Slimane avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. Racines de Sable nous emporte au cœur des hommes.

P.S. L'attachement à nos racines que nous pouvons avoir nous font comprendre la volonté de Slimane de découvrir les siennes.

La guerre d’Algérie est une guerre qui, de 1954 à 1962, a opposé l'armée française à des insurgés nationalistes algériens regroupés dans l'ALN (Armée de libération nationale) encadrée par le FLN (Front de libération nationale).
La guerre est surtout due au refus des gouvernements français et des colons de remettre en cause les profondes inégalités civiles, politiques et économiques entre la population d'origine européenne et la population arabo-berbère de religion musulmane. Elle s'est déroulée en Algérie mais aussi en France métropolitaine (avec de nombreux attentats terroristes, assassinats et massacres de manifestants).
La guerre (appelée alors « événements d'Algérie ») a fait entre 500 000 à 1 million de morts. Elle a abouti, en 1962, à l'indépendance de l'Algérie et au départ précipité d'environ un million de « pieds noirs ». En France, la guerre a provoqué la disparition de la Quatrième République et son remplacement par la Cinquième République. Vikidia

mercredi 11 mars 2015

En pellicule • Yobi, le renard à 5 queues - Lee Dung-gang

Titre : Yobi, le renard à 5 queues
Réalisateur : Lee Dung-gang
Pays d'origine : Corée du Sud
Sorti en : 2007
Prix : 15 €
Durée : 1h25

Synopsis:
Yobi est un renard à cinq queues (cinq et non neuf comme dans la légende d'origine) qui, comme tous ceux de son espèce, peut vivre un millier d'années. Il vit sur une colline depuis des siècles, mais, un jour, est contraint d'aller vivre parmi les humains. Il prend pour cela la forme d'une jeune fille. Yobi sympathise rapidement avec Geum-ye, un garçon solitaire et le souffre-douleur de sa classe. Mais Yobi est traquée par un chasseur de renards qui dispose lui aussi de pouvoirs peu communs.

Lorsque Yobi décide d'aller à l'école pour retrouver un des petits extraterrestres(-peluches-trop-mignonnes) avec lesquels elle vit, elle se s'attendait pas à vouloir y retourner. A présent, elle doit cacher sa véritable identité pour que personne ne se doute qu'elle est un renard. Je trouve que les légendes asiatiques sont souvent très poétiques. J'aime les légendes en général, les histoires un peu magiques qui fondent un peuple. Si vous voulez plus d'informations sur la légende du renard à neuf queues, j'ai fait quelques recherches et j'ai trouvé cette page très complète : Nautiljon 
 
Je me suis très vite attachée à Yobi qui est une petite fille pleine de vie, entourée de ces extraterrestres rigolos. J'ai beaucoup aimé l'univers dans lequel elle évolue, cette espèce de cabane à la décoration très spéciale, mélange de nature et d'objets trouvés, perdue au milieu d'une clairière. La magie est bien intégrée, le spectateur n'est pas perdu, les choses sont cohérentes et bien développées, les indices donnés suffisent à la compréhension des évènements par la suite.  Au delà de la beauté graphique du film et de l'aspect magique, j'ai trouvé que les sentiments envoyés étaient très profonds, malgré le fait que l'histoire soit en large partie développée par des enfants. Je trouve que c'est là la plus grande réussite des animés : transmettre de véritables valeurs comme ici l'amitié. Les relations entre les personnages sont cohérents et naturelles, elles sont authentique.
 
La fin m'a un peu déçue, j'aurais peut être enlevé le tout dernier passage. J'ai trouvé qu'il effaçant quelque peu la beauté des évènements précédents mais ça n'altère pas mon visionnage, le film reste très bon malgré ce petit bémol.
 
De très belles images accompagnées de sentiments purs, une très belle découverte.




samedi 7 mars 2015

Chronique • L'Homme-qui-dessine - Benoît Séverac

Titre : L'homme-qui-dessine
Auteur : Benoît Séverac
Édition : Syros
Collection : /
Sorti en : 2014
Prix :  14,50 €
Nombre de pages : 212
Genre : Jeunesse, historique, policier
Traduit par : /


 
 

"De quelque peuple qu'ils soient, quand ils sont confrontés à l'incompréhensible, ils retournent leur peur contre l'étranger."

Résumé :
L'Homme-qui-dessine a été chargé par mes siens de parcourir le monde pour mieux le connaître. Au cours de son voyage, il est fait prisonnier par une tribu d'Hommes-qui-savent dont les membres sont inexplicablement assassinés. L'Homme-qui-dessine a sept nuits, jusqu'à la prochaine lune, pour prouver son innocence…

Benoît Séverac est un auteur que j'ai rencontré grâce à mon option de Littérature et Société en seconde. J'avais trouvé cette entrevue intéressante à la suite de la lecture de "Silence". J'ai donc décidé de lire un autre roman de cet auteur pour découvrir plus de son univers.

L'homme-qui-dessine, Mounj, se retrouve dans une affaire de meurtres… à l'époque de la préhistoire ! J'ai trouvé qu'introduire une enquête policière à la préhistoire était très original, cela m'a beaucoup surprise. Nous suivons le point de vue de Mounj en particulier mais le narrateur est omniprésent. J'ai trouvé que ce choix était judicieux pour une histoire basée dans la préhistoire car cela permettait de donner de la profondeur aux personnages. En effet, je trouve que les hommes de la préhistoire sont souvent méconnus et peu travaillés. En revanche, je n'ai pas trouvé les personnages très attachants, mis à part Maï que j'ai beaucoup apprécié. Je pense que c'est surement dû à la différence entre les sentiments que les Hommes pouvaient avoir à l'époque et ceux que nous éprouvons aujourd'hui. Les sentiments sont plus primitifs, moins romantiques même si l'auteur réussi à mettre en avant des valeurs telles que l'amitié et le sacrifice pour autrui.

Malgré tout ces bons points, j'ai eu quelques difficultés à me plonger dans ma lecture. J'ai eu certaines lenteurs et je n'ai pas trouvé que le rythme était haletant, mais cet aspect s'arrange vers la fin avec le dénouement. Le roman reste agréable et son originalité est surprenante. Benoît Séverac a réussi à me faire apprécier une époque que je n'apprécie pas tellement malgré les quelques lenteurs que j'ai subies.

Le roman est à découvrir même s'il a eu du mal à me convaincre, l'auteur dévoile des valeurs universelles et des problèmes qui sont au cœur des débats d'aujourd'hui.

Des informations sur la différence entre les hommes-droits et les hommes-qui-savent du livre? J'ai trouvé ce site pour ceux qui veulent aller plus loin : Hominidés.com

samedi 28 février 2015

Chronique • Tous pressés - Bernard Friot

Titre : Tous pressés
Auteur : Bernard Friot
Édition : Milan 
Collection : /
Sorti en : 2011
Prix : 10,90 €
Nombre de pages : 127
Genre : Jeunesse, nouvelle
Traduit par : /

Chanson : Je suis en retard - Alice au pays des Merveilles


"Tout va bien. C'est ça mon problème. Oui, ça roule pour moi, cool, tranquille. C'est inquiétant."

 Résumé :
- C'est quoi, Tous pressés ?
- Le dernier opus des Histoires pressées.
- Mais pourquoi "pressées" ?
- Parce qu'elles sont courtes.
- Pourquoi "Tous" pressés ?
- Parce que c'est pour tous : petits, grands, enfants, parents, maîtresses, gros, rouquins, chanteurs de bel canto... TOUS !

Je suis tombée par hasard sur le dernier volume des histoires pressées de Bernard Friot et j'ai eu envie de retomber en enfance. En effet, lorsque j'étais à l'école primaire, j'ai eu quelques rares professeurs qui nous lisaient ces histoires.

Les histoires pressées sont un concept que j'apprécie énormément. Ce sont de courtes histoires dont la chute est souvent surprenante. Si vous cherchez une lecture drôle, facile à lire et que vois n'avez pas trop de temps, ces recueils sont fait pour vous ! Les histoires se lisent en un rien de temps, vous font sourire et vous pouvez fermer le livre sans attendre la suite de l'histoire. Le seul risque est de vouloir lire le recueil d'une traite pour pouvoir découvrir les histoires de l'auteur !

On pourrait imaginer qu'il s'agit d'un style très jeunesse mais comme le dit si bien Bernard Friot, ses histoires sont pour tout le monde. Que vous soyez enfants, adolescents, adultes, retraités, les histoires pressées sont faites pour vous. Pas de registre particulier, une lecture simple, rapide, agréable.

J'ai beaucoup aimé le dernier opus et retrouver l'univers de l'auteur. Je suis même triste qu'il est décidé que se soit le der des ders !

 
P.S : Qu'est ce qui aurait pu mieux aller à des histoires pressées qu'un lapin en retard ?

vendredi 20 février 2015

Chronique • Pierre contre ciseaux - Inés Garland

Titre : Pierre contre ciseaux
Auteur : Inés Garland
Édition : Ecole des loisirs
Collection : Médium
Sorti en : 2009
Prix : 16 €
Nombre de pages : 228
Genre : Jeunesse, drame
Traduit par : Sophie Hofnung (titre original "Piedra, papel o tijera")


 
"Il ne restait plus que ses yeux et je voyageais en eux vers un espace infini."

Résumé :
Alma habite à Buenos Aires. Chaque week-end, elle retrouve Carmen et Marito dans une île du delta. Avec eux, elle découvre la liberté, l'amour et la vie dure.
Mais le coup d'État du 24 mars 1976 et l'instauration d'un régime de terreur les éloignent. Le temps de l'innocence où on pouvait tout résoudre en jouant à pierre, feuille, ciseaux est révolu.
Marito l'aide à ouvrir les yeux. Révoltée et amoureuse, Alma se dégage de la gangue familiale, de son égoïsme de nantis, découvre la lutte sociale, mais aussi le visage hideux de la violence politique. Et la tragédie s'invite dans leur vie.
Une magnifique histoire d'amours impossibles et de rêves qui se perdent dans les eaux troubles du fleuve et dans les heures noires de l'histoire de la dictature argentine.

J'ai emprunté ce livre à la bibliothèque, attirée par la couverture et le titre. Je l'avais légèrement oublié durant le challenge mais à chaque fois que je voyais la couverture, j'avais très envie de le lire.

Nous suivons Alma, un jeune fille qui raconte son passé, son enfance passé dans une île d'Argentine, aux côtés de Carmen, Marito, Tordo, dona Angela, la Hongroise… J'ai beaucoup aimé son point de vue, je me suis très rapidement attachée à elle, c'est une héroïne très sensible. Le déroulement sur plusieurs années m'a semblé parfait. On apprend à connaître Alma, à la comprendre, on vit dans son univers. On la voit grandir, s'épanouir, vivre.

Je n'ai pas trouvé de réelle action dans la première partie. On suit simplement Alma dans ses journées, ses émotions, ses jeux avec Carmen et Marito, ses peurs et craintes, ses envies… Cette absence ne m'a absolument pas dérangée. Alma est à elle seule le fil conducteur de cette histoire. Elle la mène à bout sans fausses notes. La seconde partie est un peu plus dans l'action, même si Alma n'y est pas au cœur. J'ai aimé cette fluidité, cette façon d'écrire si simple, si proche des émotions et du cœur. Pas besoin de tenir le lecteur en haleine, il tient tout seul, attaché aux personnages, à l'île et à la douceur des mots. J'avais l'impression de vivre sur l'île, j'ai voyagé jusqu'en Argentine, vivant auprès d'Alma.

Ce livre m'a réellement bouleversée. Depuis que j'ai tourné la dernière page, je n'arrête pas d'y penser. L'histoire est d'autant plus touchante que nous suivons Alma depuis son enfance, nous avons appris à la connaître, j'avais l'impression de lire l'histoire d'une amie. L'histoire d'Alma n'est peut être pas vraie mais des personnes ont vécu ça. Elles ont vécu la vie d'Alma. Ce livre leur rend un hommage magnifique. Je ne sais pas quoi dire sur les émotions que j'ai ressenties, tant j'ai été émue et touchée par ce roman.

Plus qu'un coup de cœur, Pierre contre ciseaux est du cristal, de la poésie sur une vie.



P.S : Un chanson sur "los desaparecidos", enlevés pendant la dictature argentine, quoi de mieux pour illustrer ce roman au cœur de l'Histoire.


Note de l'éditeur sur la dictature en Argentine
(Pierre contre ciseaux, Inès Garland, Ecole des loisirs.)



jeudi 19 février 2015

Challenge • Bilan de petit mois, petites lectures

Je vous l'accorde, le mois de février n'est pas finit mais j'ai déjà mené à bout le challenge "Petit mois, petites lectures". J'ai consacré mes lectures aux livres du challenge et le fait d'être en vacances, plus les 16 heures de train ont bien aidé, je vous assure. Nous sommes donc le 19 février et je peux dire que j'ai réussi mon challenge haut la main !

Petit récapitulatif !
J'avais choisis de lire : (vous pouvez cliquer sur le titre pour atteindre la chronique correspondante)
- Conspiration 365 : Janvier de Gabrielle Lord, 202 pages
- Chasseur d'orages d'Élise Fontenaille, 92 pages
- Si je reste de Gayle Formant, 187 pages
- Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet, 123 pages
- Les Justes d'Albert Camus, 150 pages
- Respire d'Anne-Sophie Brasse, 180 pages

Ce qui nous donne en tout, un total de 6 livres et de 934 pages. Presque 1000 pages de roman de moins de 200 pages ! (oui souvenez-vous, j'avais légèrement triché u.u)

Chronique • Respire - Anne-Sophie Brasme

Lu dans le cadre du challenge petit mois, petites lectures.

Titre : Respire
Auteur : Anne-Sophie Brasme
Édition : Fayard
Collection : /
Sorti en : 2001
Prix :  14 €
Nombre de pages : 180
Genre : Drame
Traduit par : /

Chanson : Vanina - Dave

 "On n'échappe pas à sa propre folie en s'efforçant d'agir comme les gens normaux."

Résumé :
Charlène et Sarah s'aiment comme deux sœurs. Mais la passion fait des ravages. S'instaure peu à peu une relation perverse entre les deux jeunes filles : Sarah provoque, multiple les humiliations publiques, accable de reproches son amie, qui accepte son sort. Jusqu'à l'irréparable.

J'avais tellement entendu parler de Respire que je l'ai rapidement acheté et il me tardait vraiment de le découvrir.

L'histoire est racontée par Charlène qui retrace sa vie au fil des mots. Son enfance, sa famille, ses amis, l'école, l'adolescence, son premier amour… J'ai vraiment été plongée dans ma lecture et j'avais l'impression de marcher aux côtés de l'héroïne. Pour dire, j'ai dévoré le livre en une journée, ne le lâchant plus à partir des premiers chapitres, je ne voulais pas le quitter avant de l'avoir finit.

Je me suis attachée à Charlène dès les premières pages, j'avais envie de savoir, de comprendre, de la suivre. Je détestais Sarah autant que Charlène l'aimait. J'ai vu dans ce personnage toute la manipulation qu'une personne pouvait avoir et à quel point elle pouvait briser une vie. Au fil des lignes, l'auteure nous présente une relation à un seul sens. On s'aperçoit très vite que la relation est malsaine. Le thème est fort, oscillant entre harcèlement et dépendance, et je l'ai trouvé très bien développé. Le point de vue de Charlène permet de voir ce qu'elle a subit. Il permet de nous attacher. Car Charlène n'est pas un personnage tout blanc. Elle fait des erreurs, comme tout le monde. Le réalisme de l'histoire, des sentiments et des émotions m'a touché. Pas de fioritures. Juste des mots, comme le témoignage d'une vie vécue sous le fardeau d'une dépendance trop forte.

Je ne sais que dire sur le roman tant j'ai été bouleversée. L'auteure a réussi à provoquer une véritable addiction jusqu'à que j'ai refermé le livre. Je me suis énormément posée de questions durant ma lecture. Comment peut-on en arriver là ? Et cette question s'applique tant à Sarah qui tuait son amie à petit feu, qu'à Charlène dont le quotidien était rythmé par une passion destructrice.

Un roman fort, poignant, qui vous prend aux tripes et qui vous laisse des nœuds dans le ventre et des questions plein la tête.


P.S : Une dépendance qui brise une vie.