vendredi 24 juin 2016

Chronique • Le vent de la jeunesse - Georges-Patrick Gleize

 
Monsieur l'écrivain,
Cette chronique m'apparaît plus difficile à écrire car avant de vous voir comme écrivain, je vous vois d'abord comme professeur. Je connaissais déjà un peu l'histoire de ce roman puisque vous nous en aviez parlé, un jour en fin d'année où nous étions très peu, entre autres Melissa, Lydie, Mona et moi. Après que vous ayez raconté la trame du roman que vous étiez encore en train d'écrire, j'avais laissé cette histoire de côté. Et j'ai finit par vouloir savoir la suite. J'ai beaucoup aimé la situation des années 80, et comme chez vous, tout peut sonner comme une anecdote, je pouvais presque vous entre raconter la fumé dans les locaux de la rédaction. Vraisemblablement, vous avoir eu comme professeur m'a rapproché de votre écriture. J'ai pu y reconnaître vos subtilités de langage, comme le fait de dire living par exemple, ou encore déceler votre intonation. J'ai beaucoup aimé le personnage de Flore. Son quotidien parisien m'a intéressée. Je ne pensais pas qu'Anna serait autant au centre du récit. La toile de fond de la seconde guerre m'a plu mais j'ai ressenti quelques longueurs environ à la moitié du livre. La vie au barrage me semblait morne et terne, et c'était sûrement le cas à l'époque pour la jeune Anna. J'ai apprécié les quelques retours au présent qui me permettaient de me remettre dans l'histoire. Malgré cela, j'ai été intriguée par le passé de Flore et l'envie de savoir et comprendre m'a menée jusqu'au bout.
Finalement, votre roman offre bien plus qu'une intrigue familiale. Il met en scène un choc de génération entre Flore, sa mère et sa grand-mère. Ces trois femmes ont un point commun, leur fort caractère, mais sont très différentes. Vous expliquez cela par l'histoire et ces évènements ce qui permet d'enrichir votre texte. Votre roman permet de passer un bon moment mais aussi d'en apprendre un peu plus sur chacune de ces générations.
Merci monsieur l'écrivain, pour ce roman inter-génération qui plonge dans le passé et pour cette riche année d'histoire passée à vos côtés.
 
 

samedi 18 juin 2016

En pellicule • Alice de l'autre côté du miroir - James Bobin

 
 
Monsieur le réalisateur,
J'étais très heureuse de retrouver Alice et le Chapelier dans des aventures toujours aussi folles. Comme le premier film, celui-ci ne manquait pas de péripéties et de rebondissements. Dans l'ensemble, j'ai été séduite par le scénario et si au début, j'avais un peu peur que le Chapelier soit un peu absent - je pense qu'il aurait été dommage de se priver du si bon jeu de Johnny Depp - j'ai remarqué que grâce aux voyages dans le temps, cette absence ne se faisait pas tant ressentir. Je n'ai pas grand chose à dire sur le scénario, si ce n'est que j'ai beaucoup apprécié l'idée du voyage dans le temps. Retourner dans le passé de ce monde imaginaire m'a permis de voir à quel point un monde, tout aussi imaginaire et fantastique soit-il, a des ficelles qui lui permettent de bien fonctionner. Plus qu'une suite du premier Alice, j'ai vu votre film comme un retour sur le premier, permettant d'éclairer des zones d'ombres, de mieux développer vos personnages et de leur donner une profondeur. En effet, j'ai trouvé que vos personnages étaient plus travaillés, renfermant des secrets dans leur enveloppe de folie. J'ai beaucoup aimé le personnage du Temps, j'ai trouvé toute la mécanique du personnage grandiose, aussi bien au sens propre qu'au sens figuré. J'ai trouvé intéressant que la relation entre la Reine Blanche et la Reine Rouge soit expliquée et que leur passé commun soit approfondi. Enfin et surtout, j'ai aimé les changements d'Alice. Je l'ai trouvée grandie, et comme le fait remarquer le Chapelier, grandir peut être le synonyme de perdre l'innocence de son enfance, ce qui peut être malheureux. Et lorsqu'Alice retrouve la folie du pays des merveilles, elle en ressort plus mature, comme si la folie et le rire étaient essentielles à l'apprentissage.
Outre vos personnages très bien travaillés, j'ai apprécié les images, bien que je n'ai pas trop trouvé l'intérêt de la 3D. Les designs de la maison du Chapelier, du repère du Temps ou des ruelles du passé étaient éblouissants. L'univers d'Alice est à la fois si différent et si homogène. Tout est unique mais tout se rassemble. Et j'ai trouvé que faire une diversité si étrange mais si liée était formidable.
Merci monsieur le réalisateur, votre film est indissociable du premier.
 
 

vendredi 17 juin 2016

Chronique • A moitié vide - Frank Andriat

 
 
Monsieur l'écrivain,
En débutant votre livre, je ne m'attendais pas à ça. Je ne pensais pas qu'en si peu de pages un sujet aussi dur serait traité. J'ai certes trouvé que c'était un peu rapide avec des dénouements un peu simples mais vous avez fait un choix que je ne peux qu'admirer. C'était ambitieux et même si je n'ai pas trouvé cela parfait, j'ai apprécié ma lecture. J'ai eu un avis assez mitigé par rapport aux réactions de Violaine. Je l'au trouvée parfois excessive. Cependant, je me disais que si j'avais lu votre roman plus jeune, j'aurais surement été plus proche de votre personnage. En effet, à l'âge de Violaine, j'avais une approche de l'amour aseptisée et quasi-parfaite que face à l'adultère et au divorce, j'aurais surement été excessive dans mes propos, j'aurais été colérique, bornée, et je n'aurais jamais voulu, ne serait-ce que tenter,  comprendre ce monde d'adultes. Alors oui, aujourd'hui, j'aurais aimé raisonner Violaine mais je pense que vous avez totalement cerné certains problèmes de l'adolescence. L'incompréhension des adultes et face aux adultes, le changement, le rapport à la nourriture parfois compliqué, et surtout la solitude. Finalement, ce qui m'a manqué dans votre roman, c'est un peu de longueur. Je suis restée assez dubitative car votre plume m'a parut pouvoir révéler tant de choses que j'aurais aimé en savoir plus. J'aurais aimé plus apprendre sur Violaine, mais surtout sur son entourage, peut-être pour avoir un choc générationnel des réactions face à ce type d'évènements. Mais peut-être qu'après tout, cela suffisait pour écrire le message que vous vouliez faire passer. Et j'ai aimé la simplicité dans votre écriture.
Merci monsieur l'écrivain. Je touche encore d'assez près ces moments difficiles pour pouvoir les comprendre et j'espère, que comme vous, je ne les oublierais pas.
 

lundi 6 juin 2016

Chronique • Hunger Games T2 - Suzanne Collins


Madame l'écrivaine,
Après un premier tome époustouflant, j'attendais beaucoup de la suite. J'ai reproché à ce second tome la lenteur avec laquelle il a commencé. J'ai trouvé que la première partie s'attardait sur des détails déjà appris dans le premier opus. J'ai pensé que c'était surement pour replonger le lecteur dans Panem après un an d'attente cependant, je pense que l'univers est tellement riche et que le premier tome le dépeint déjà si bien qu'il n'était peut-être pas nécessaire de préciser à nouveau certaines choses. J'ai trouvé votre livre très contrasté avec une mise en place lente et des évènements par la suite très condensés. J'ai beaucoup plus ressenti le temps que lors du premier tome. J'ai été un peu déçue que la troisième partie soit si courte, comme s'il fallait rattraper le temps perdu. Toutefois, bien que ce contraste m'est dérangée, avec le recul, je le trouve en accord avec les émotions de Katniss, et malgré que cela m'est dérangée, cela ne m'a pas empêchée d'apprécier ma lecture.
Dans ma chronique sur le premier tome, je disais ne pas avoir toujours compris le personnage principal. J'ai également ressenti ça dans ce deuxième tome mais j'ai eu l'impression que ce sentiment avait été décuplé. Je concevais son point de vue, mais je la sentais tellement perdue que j'avais peur de me perdre aussi à force de l'écouter. Le point de vue interne a encore une fois réussi à me projeter au plus profond du roman. J'ai apprécié que le personnage de Gale soit plus développé et plus présent, cela m'a permise d'une part de comprendre un peu mieux les questionnements de Katniss et d'apprécier ce personnage loyal et courageux. J'ai été surprise par les nombreux retournements auxquels je ne m'attendais absolument pas.
Merci madame l'écrivain, malgré ses quelques défauts, ce second tome m'a promit un beau final.
 
 

mardi 24 mai 2016

Chronique • La vérité sur Alice - Jennifer Mathieu


 

Madame l'écrivaine,
La rumeur a été addictive. J'étais partagée entre l'envie de lire votre livre d'une traite pour savoir la fin et le préserver, le garder pour un peu plus tard tellement j'y étais attachée. Cela m'a surprise mais j'ai rapidement apprécié Alice. Je la défendais alors que je ne la connaissais pas. Je pensais que le roman à plusieurs voix me permettrait d'être totalement objective. Ne pas connaître la vérité, ne pas avoir accès à la version d'Alice et devoir composer avec l'avis de chacun sur elle a été très stimulant. J'étais sans cesse à la recherche d'indices, je me suis impliquée dans cette quête de la vérité. Et effectivement, ce choix d'écriture m'a permise d'être à la fois au cœur du propos et extérieure à l'histoire. Je n'ai pas détesté un personnage. Je n'en ai pas adoré. Le fait d'être si éloignée du personnage m'a donné une liberté incroyable. J'étais libre de croire ce que je voulais. Et finalement, ça m'a rapprochée encore plus des personnages, libres de croire ou non en la rumeur. J'ai aussi été témoin de l'ampleur que pouvait prendre des on-dit.
J'ai trouvé qu'Alice était très forte psychologiquement. Elle m'a impressionnée par sa force de caractère et sa personnalité. Malgré son absence "physique" dans le roman puisque son histoire est toujours racontée par les autres, j'ai été agréablement surprise par la façon dont elle est décrite. J'ai parfaitement pu me l'imaginer. Josh m'a beaucoup touchée, je ne pensais pas qu'il s'agirait d'un personnage envers lequel j'aurais autant de compassion. De façon générale, j'ai trouvé les personnages de La vérité sur Alice complexe et intéressant. Je les ai trouvé révélateurs de certains maux de l'adolescence.
Merci madame l'écrivaine, votre roman met en avant une situation difficile d'une manière surprenante. Je n'ai pas pu le lâcher.

 

vendredi 6 mai 2016

En pellicule • Le livre de la jungle - Jon Favreau


Monsieur le réalisateur,
Je croyais vraiment que Bagheera était une femme et que Kaa était un homme. Autant vous dire que la surprise a été de taille. Finalement, j'ai apprécié que Bagheera soit un mâle, j'ai trouvé qu'il avait un vrai rôle de mentor pour Mowgli. Je ne vais pas m'attarder ici sur l'histoire, je pense que la majorité la connaît, mais je dois tout de même dire que le scénario a été revisité d'une manière que j'ai beaucoup appréciée. J'ai trouvé la fin plus intéressante et j'ai bien aimé le coté sombre qui était donné à l'histoire. Cette ambiance était bien retranscrite par les images et la jungle parfois sombre et luxuriante. J'ai beaucoup aimé l'aspect esthétique de votre film. Les décors sont très beaux, la jungle semble à la fois immense et former comme un cocon autour des personnages. J'ai eu l'impression d'être projetée dans un univers intimiste et secret, le seul humain étant l'enfant. Je me suis sentie comme privilégiée d'avoir la possibilité de découvrir la faune et la flore de la jungle. J'ai lu plusieurs critiques sur le "non-réalisme" des animaux, je n'ai pas été dérangé, au contraire j'ai trouvé que l'animation était très bien dans l'ensemble. Pour finir, je souhaiterai souligner la performance de Neel Sethi. Je l'ai trouvé très bon acteur, surtout dans les conditions qui lui ont été données, je l'ai trouvé crédible avec ses quelques maladresses qui font le charme du jeu des enfants.
Merci monsieur le réalisateur, votre film a une ambiance un peu fantastique, un peu magique.
 
 

mardi 3 mai 2016

Chronique • On est tous faits de molécules - Susin Nielsen

 
 
Madame l'écrivaine,
Malgré son côté plutôt enfantin, votre livre aborde des sujets assez important : la mort, le deuil, l'homosexualité, la précocité. Autant de sujets sensibles sont présentés dans On est tous faits de molécules. Il est vrai que cela faisait beaucoup de choses à développer et j'ai trouvé que c'était assez condensé. Je ne vais pas dire que c'était mal abordé, cela serait un mensonge, mais j'aurais préféré qu'il y est plus de développement, qu'on aille plus en profondeur. J'ai conscience que le public visé est plutôt jeune, comme en témoigne le style que j'ai trouvé simple, mais je pense que les sentiments des personnages auraient pu être plus approfondis. Pour moi, les sujets ont été traités sur la partie haute de l'iceberg, sans chercher à aller plus loin. C'est surement un parti pris, notamment pour être en accord avec le jeune public. Je comprends que développer plus profondément chacun des différents sujets abordés aurait demandé beaucoup plus de place, au risque de perdre le jeune lectorat. Il est donc normal que le texte paraisse simplement présenter les sujets, comme une entrée en matière.
Comme je l'ai déjà dit, le style m'est apparu comme simple, mais en accord avec les choix effectués. Je ne sais pas trop quoi penser du texte à deux voix. En effet, j'ai apprécié pourvoir suivre Ashley car cela m'a permise de mieux la comprendre et d'accepter ses réactions parfois extrêmes. Cependant, j'étais plus à l'aise avec Stewart, qui de par ses facilités intellectuelles, me paraissait plus mature. J'ai eu beaucoup de mal avec la superficialité d'Ashley, je l'ai trouvée banale et peu attachante. J'ai également trouvé que de nombreux autres personnages étaient trop effacés, comme le père de Stewart ou encore Caroline. En revanche, j'ai apprécié la fraicheur de Stewart et la gentillesse du père d'Ashley.
Merci madame l'écrivaine, malgré que j'ai trouvé votre livre trop "léger" pour moi, je pense qu'il permet d'ouvrir l'esprit sur des sujets difficiles.
 
 
En quelques vagues...
Positif :
- la multiplicité des sujets abordés
- les personnalités attachantes de Stewart et Philippe
Négatif :
- le manque de profondeur
- les personnages trop effacés
- le style assez simple