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samedi 9 janvier 2016

Chronique • Roi de pique - Kat Spears


Madame l'écrivaine,
Je pourrais reprocher à votre livre le manque d'intérêt qu'a suscitée l'intrigue pour moi. J'ai trouvé la romance plutôt banale, simple et peu intéressante. Le triangle amoureux m'a quelque peu ennuyée et je n'ai pas spécialement apprécié le personnage féminin, Bridget. Sa personnalité effacée m'est apparue comme fade. Pourtant, j'ai adoré votre livre. J'étais partagée entre ce sentiment, vous savez, lorsqu'on veut à tout prix se replonger dans un livre mais qu'un d'un autre côté, l'envie de le garder bien au chaud pour plus tard nous effleure l'esprit. Ce sentiment est un si bon signe dans l'appréciation d'un livre. Alors oui, j'ai craqué. J'ai dévoré votre livre malgré l'histoire qui ne m'intriguait pas. Et je pense que le tour de force de ce livre réside dans le personnage de Jesse. J'ai trouvé votre personnage principal parfait. Je pense qu'en vérité, dans la vraie vie, j'aurais détesté Jesse. La simplicité avec laquelle il mène la manipulation est affligeante. Il serait sûrement détestable en tout point. Mais je m'y suis terriblement attachée. C'est un personnage incroyablement intelligent, indépendant et mature. Sa sensibilité et sa fragilité m'ont touchée. J'ai été fascinée par la complexité de ce personnage. Je trouve qu'il tenait à lui seul tout le roman. Vous auriez pu développer n'importe quelle histoire autour de se personnage, je pense qu'elle aurait eu autant de force, simplement grâce au personnage principal. J'ai aussi beaucoup apprécié le petit frère de Bridget, Pete. J'ai trouvé que lui et Jesse faisait une sacré équipe. L'innocence de l'un contrastait bien avec l'expérience de l'autre. De plus, il permettait à Jesse de faire preuve d'une dimension humaine supplémentaire, une perspective déjà exploitée grâce au personnage de Joey, mais que j'ai trouvée plus frappante avec Pete.
Mon sentiment face à votre livre est réellement étrange. J'ai un avis décousu, peu construit et je ne peux pas faire autrement qu'écrire au fil des mots. Votre livre m'a vraiment fait quelque chose. Je ne peux pas dire qu'il m'a bouleversée, parce que je n'ai pas eu la gorge serrée, le cœur plein de larmes et l'estomac noué. Mais il m'a vraiment fait ressentir quelque chose. Pourtant il y a beaucoup de chose que je n'ai pas aimées. Même la fin m'a laissée perplexe. Mais Roi de pique dégage un truc, un machin, une chose inexplicable. Généralement, on annonce un coup de cœur parce que tout le livre nous a fait vibrer. Je ne peux pas l'expliquer mais, malgré les défauts, j'ai une petite voix au fond de moi qui me dit "ce livre est magnifique". Alors même si je doute, même si je ne suis pas certaine lorsque j'y réfléchis, je peux dire que votre roman est magique. Au fond, je pense que le roman ne m'a pas bouleversée mais que Jesse l'a fait.
Merci madame l'écrivaine, de m'avoir fait ressentir tant de choses. Merci de m'avoir fait rencontrer Jesse.

 

jeudi 10 septembre 2015

Chronique • Le monde de Charlie - Stephen Chbosky

Titre : Le monde de Charlie
Auteur : Stephen Chbosky
Édition : Sarbacane
Collection : Exprim'
Sorti en : 2012 (2008 pour l'édition précédente)
Prix : 13,50 €
Nombre de pages : 252
Genre : Jeunesse, contemporain 
Traduit par : Blandine Longre (titre original : "The Perks of being a Wallflower")

Chanson : Asleep - The Smiths



"Charlie, on accepte l'amour qu'on croit mériter."

Résumé : Au lycée où il vient d'entrer, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible, pas "raccord". Pour son prof de Lettres, c'est un prodige ; pour les autres, juste un freak. En attendant, il reste en marge - jusqu'au jour où deux étudiants, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. La musique, les filles, la fête : c'est tout un monde que Charlie découvre...
 
Petits trésors : Une couleur que j'ai trouvé originale, accrochant le regard, relevée par la présence des acteurs. On note le précédent titre "Pas raccord" que je préférais, plus original mais après tout, Le monde de Charlie est très révélateur du roman lui aussi. 
 
Charlie m'a beaucoup touchée. Jeune adolescent des années 90, il mène une vie assez simple au sein de sa famille. Cependant, Charlie a une singularité folle. Une sensibilité hors du commun. Et j'ai aimé découvrir sa personnalité. A intervalles plus ou moins réguliers, Charlie écrit. Il écrit des lettres à un inconnu et signe toujours "Ton ami Charlie". Si bien qu'à la fin du roman, Charlie était devenu mon ami. J'ai trouvé que le choix d'un roman épistolaire à sens unique était judicieux. On suit Charlie pas à pas dans son quotidien avec ses mots, ses émotions et l'authenticité du personnage est renforcée. De plus, le lien qui nous unit avec Charlie est plus fort. J'ai eu l'impression qu'il s'adressait directement à moi, un peu comme si j'endossais le rôle de journal intime. Au début, j'ai eu peur du ton très enfantin. Puis, j'ai appris à comprendre Charlie et je m'y suis faite. Ce style prêtait énormément à sourire, Charlie trouvant légitime et utile de préciser toutes sortes de choses que nous pouvons juger sans importance. Cependant, ce côté enfantin m'a quelque peu dérangé. Lorsque je n'y réfléchissais pas, j'appréciais ce ton. Mais en creusant un peu, je me disais que Charlie avait une maturité étonnante. Oui, mais pour un enfant de 7 ou 8 ans. Or, Charlie a 15 ans. J'avais du mal à comprendre, je le trouvais mature et trop enfantin à la fois. Et finalement, c'est peut être cette complexité qui m'a captivée.
 
J'ai jugé l'adolescence dépeinte un peu stéréotypée. J'ai eu l'impression que l'entrée au lycée rimait directement avec soirées folles, alcool et substances illicites. Cependant, j'ai un avis assez mitigé sur ces faits. Il est vrai que le lycée offre de nouvelles perspectives, ouvre le champ des possibles et un jeune aussi fragile que Charlie peut facilement tomber dans certains démons que l'adolescence favorise. Par conséquent, je n'ai pas réellement su quoi en penser. Je ne l'ai pas trouvé révélateur, j'ai seulement été interpelée. Malgré tout, je pense très fortement que Charlie est très bien tombé. Certes, ses amis n'ont pas toujours les fréquentations qu'il faut, mais je les ai trouvé très attachants -notamment Patrick que j'ai beaucoup apprécié- très ouverts et attentifs. En bref, j'ai beaucoup apprécié les personnages de ce roman et même l'histoire générale. Et lors du point final je me suis sentie retournée. Je ne me serais jamais attendue à ça.
 
Charlie m'a touchée. J'ai aimé le contexte des années 90 et suivre le quotidien de ce personnage si singulier et attachant.
 
J'ai choisi la chanson préférée de Charlie.
"La chanson Asleep a été écrite pour un ami du groupe atteint du SIDA. La chanson parle de la solitude qui accompagne les derniers instants d'une personne mourante, et de son désir de mourir pour aller dans un monde meilleur. « Chante-moi une berceuse, chante-moi une berceuse et ensuite laisse-moi seul, n'essaie pas de me réveiller demain matin car je serai parti. Ne sois pas triste pour moi car je veux que tu saches, que du fond de mon cœur... je serai si heureux de m'en aller »" Wikipédia
 
 
En voyant la bande d'annonce, je me suis dit que Charlie avait l'air plus mature que dans le roman, tout en restant décalé. Cela m'a donné envie de regarder le film afin de voir l'évolution que Charlie a pu subir en passant des mots aux images.

samedi 14 mars 2015

Chronique • Racines de Sable - Isabelle Guigou

 
Titre : Racine de Sable
Auteur : Isabelle Guigou
Édition : Le verger des Espérides
Collection : Humanistes en verve !
Sorti en : 2010
Prix :  16 €
Nombre de pages : 159
Genre : Jeunesse, historique
Traduit par : /

Chanson : Mes Racines - Renan Luce




"J'ai deux familles et je serais l'enfant de tout un peuple ; je chanterais le soleil retrouvé, et le fouet des pluies qu'il a dû affronter."

Résumé :
Slimane sait qu'il a été recueilli pendant la guerre qui a opposé la France et l'Algérie. A l'adolescence, il refait le trajet qui l'a mené de son village d'origine à Bou-Saâda. En chemin, il multiplie les rencontres et partage des petits bouts de vie avec des personnages très différents. Toutes ces rencontres l'aident à grandir, à comprendre que nous cherchons tous, d'une manière ou d'une autre, à savoir qui nous sommes vraiment.

Attirée par la poésie du titre, l'originalité de la typographie, sorte de carnet de bord de voyage, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire.

J'ai beaucoup aimé le fait que l'auteure est repris un témoignage, fait de la biographie quelque chose plus romancée. Ce fait permettait de garder une lecture fluide, peut être moins dure, tout en gardant à l'esprit que c'est l'histoire d'un homme et celle de plusieurs autres. Malgré toutes les duretés dénoncées, l'auteur réussit à garder une certaine finesse, une pudeur pour ne pas prendre parti.

Les personnages sont touchants, ils ont tous une profondeur dans l'âme, une dimension que leur procure la réalité de ces hommes. La dureté de la vie offre des personnages hauts en couleur, vrais, authentiques. Les sentiments et les émotions portés par la récit magnifient l'histoire de Slimane. La réalité des faits et des hommes donne de la force aux mots. J'ai du mal à être critique sur l'histoire de la vie d'un homme, sur ce qu'il a subi et vécu, je ne peux pas juger la vie d'un autre, qui de plus a eu le courage d'affronter le regard des autres en témoignant. Cette histoire une leçon de vie, une leçon de courage, une leçon d'espoir.

L'auteure réussi à retranscrire la vie de Slimane avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. Racines de Sable nous emporte au cœur des hommes.

P.S. L'attachement à nos racines que nous pouvons avoir nous font comprendre la volonté de Slimane de découvrir les siennes.

La guerre d’Algérie est une guerre qui, de 1954 à 1962, a opposé l'armée française à des insurgés nationalistes algériens regroupés dans l'ALN (Armée de libération nationale) encadrée par le FLN (Front de libération nationale).
La guerre est surtout due au refus des gouvernements français et des colons de remettre en cause les profondes inégalités civiles, politiques et économiques entre la population d'origine européenne et la population arabo-berbère de religion musulmane. Elle s'est déroulée en Algérie mais aussi en France métropolitaine (avec de nombreux attentats terroristes, assassinats et massacres de manifestants).
La guerre (appelée alors « événements d'Algérie ») a fait entre 500 000 à 1 million de morts. Elle a abouti, en 1962, à l'indépendance de l'Algérie et au départ précipité d'environ un million de « pieds noirs ». En France, la guerre a provoqué la disparition de la Quatrième République et son remplacement par la Cinquième République. Vikidia