Affichage des articles dont le libellé est Boris Vian. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Boris Vian. Afficher tous les articles

samedi 23 juillet 2016

Chronique • L'écume des jours - Boris Vian


 
Monsieur l'écrivain,
Votre roman est déroutant. Il surprend tant par ses nombreuses références que par l'absence de logique qu'il s'en dégage. Rien n'est logique mais tout l'est à la fois. Les expressions figurées sont transposées au sens propre ce qui donne une impression de féérie, de magique mais reste tout de même accessible et compréhensible. Votre livre réfléchit un peu comme un enfant qui ne connaitrait pas les subtilités du langage tout en ayant une culture immense. Tous les principes connus du lecteur sont inversés. Rien n'est cohérent mais une fois passé la surprise du début, on comprend qu'on est tout simplement plongé dans un univers différent, semblable du notre. Cependant, il faut passer ce cap qui peut être difficile à accepter. Il faut vouloir se détacher de tout ce qu'on connaît déjà pour s'immerger dans L'écume des jours. J'ai réussi à surpasser la logique et la physique du monde pour totalement m'impliquer. Et j'ai vraiment aimé cet univers improbable mais si attachant.
En revanche, les personnages m'ont laissée de marbre. Du roman, je retient l'ambiance, les mots, la poésie mais pas vraiment l'histoire. Les personnages ne m'ont pas touchée. Je les ai trouvé fades et ternes. Je les ai trouvé effacés par rapport au décor dans lequel ils évoluaient. Je suis passée à côté d'eux, trop emportée par les images merveilleuses. L'histoire d'amour entre Colin et Chloé est très belle mais plus que l'amour, j'ai trouvé que c'était son esthétique qui était dépeinte. La beauté est omniprésente dans votre texte. Tout doit être beau, le décor, les personnages, leur vie, leur mort. Pour moi, votre génie réside dans toute cette esthétique, cette représentation fantastique du monde.
Merci monsieur l'écrivain, votre écriture est surprenante.

 

mercredi 18 février 2015

Chronique • Les Justes - Albert Camus


Lu dans le cadre du challenge petit mois, petites lectures.

Titre : Les Justes
Auteur : Albert Camus
Édition : Gallimard
Collection : Folio
Sorti en : 1950
Prix :  5,20 €
Nombre de pages : 150
Genre : Théâtre, Drame
Traduit par : /


 
"Pour pardonner tes crimes, ils t'en font commettre d'autres?"
 Résumé :
"Ne pleurez pas. Non, non, ne pleurez pas ! Vous voyez bien que c'est le jour de la justification. Quelque chose s'élève à cette heure qui est notre témoignage à nous autres révoltés : Yanek n'est plus un meurtrier. Un bruit terrible ! Il suffit d'un bruit terrible et le voilà retourné à la joie de l'enfance."

J'avais étudié un extrait de la pièce l'année dernière et j'avais eu très envie de la lire dans son intégralité.

Basé sur des faits réels, Camus raconte comment un groupe de 5 socialistes révolutionnaires font un attentat contre le Grand Duc Serge. Cette pièce amène des réflexions existentielles sur la justice et notamment la peine de mort.

Je ne sas réellement pas quoi dire sur cette pièce. Elle est tout simplement bouleversante. Je l'ai lue d'une traite, sans m'en décrocher. Il est vrai que le théâtre moderne se lit relativement rapidement mais je ne lisais pas pour finir ou savoir la fin, je lisais parce que je ne pouvais plus sortir de l'histoire. Tout repose sur les épaules des personnages. Je pense que c'est fréquent au théâtre car le livre est basé sur les interactions mais Albert Camus a développé des personnages très attachants, qui défendent une idée commune mais d'une manière différente. Et je pense que c'est ici que se trouve la différence. Il a réussi à mettre en avant la complexité des personnes et leur singularité. Il n'y a qu'un seul personnage que je n'ai pas apprécié, mais ce n'est pas tant pour ses actes que pour sa place dans le roman. J'ai trouvé que Dora n'était pas vraiment à sa place, je n'ai pas réussi à saisir son importance dans la pièce. Je sais cependant qu'elle doit être indispensable au bon déroulement car elle est tout de même présente dans la majorité des scènes. Mon personnage préféré est sans conteste Yanek. C'est un jeune homme idéaliste qui pense être juste. J'ai trouvé qu'il avait une grande sensibilité, il se fait appeler le Poète, qu'il était entier et qu'il répondait à ses valeurs. Boria a été un autre personnage que j'ai beaucoup apprécié. Homme de raison, il est le chef du groupe mais reste compréhensif envers ses hommes. J'ai même réussi à m'attacher à Stepan qui est pourtant le plus radical du groupe, n'ayant aucun remord. Il a un lourd passé et j'ai réussi à comprendre ses engagements, même si j'étais plus proche de ceux de Yanek.

En résumé, les personnages de l'histoire m'ont fait aimer la pièce. Ils étaient si authentiques que je me serais vue à leurs côtés.


P.S : La chanson parle d'une révolte, d'un homme qui reste sur ses positions. Elle est, en effet, très éloignée de la pièce et des personnages qui commettent un attentat mais dans le fond, ils se révoltent tous, à leur manière.

Pièce de théâtre en réponse au livre Les Mains sales de Jean-Paul Sartre situant un groupe de révolutionnaires socialistes cherchant à éliminer un traître du Parti. Comme le dit Camus lui-même, son texte est inspiré d'événements historiques et de personnages réels ayant eu lieu en 1905, sa source étant le livre de Boris Savinkov, Souvenirs d'un terroriste.