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dimanche 6 novembre 2016

Bulle • Peau neuve - Elise Griffon



 
Madame la bédéiste,
Votre bande-dessinée n'est pas seulement un livre sur le naturisme et le harcèlement. Non, c'est une porte vers l'adolescence. Vous peignez ce stade de la vie avec une vérité majestueuse. C'est ce qui m'a le plus plu, votre manière de faire de l'anecdote une vérité. Le harcèlement est présent, c'est un des principaux sujet, mais il n'est pas envahissant. Il laisse de la place à la douceur, à la fragilité, à l'émotion. Et ceci est permis par les flash-backs. Je ne vais pas vous le cacher, ils ont été mes moments préférés. Suivre Laura dans son quotidien de vacances sur le bord de l'océan était reposant. C'est doux et fragile. C'est beau. Comment apprécier les abords froids et mornes du collège après ça. Le travail des couleurs collabore d'ailleurs à cet effet. Les couleurs des vacances sont chaudes et enveloppantes tandis que les couleurs de la ville sont d'un terne que seul le manteau rose de Laura parvient à trancher. Comme un signe annonciateur de sa différence. Dans une société qui condamne la différence, vous montrez  grâce au naturisme l'importance de s'accepter, le caractère primat de cette acceptation que l'enfant fait naturellement. Le message est fort mais la fin m'a laissée dubitative. Je l'ai trouvé peut-être un peu brusque et même si la dernière image est forte et illustre bien la délivrance et l'acceptation de soi, j'ai eu l'impression que ce bon en avant desservait un peu votre propos. Malgré tout, j'ai refermé le livre avec beaucoup d'affection pour Laura qui se trouve dans la spirale changeante de l'adolescence mais qui au fond reste elle-même.
Merci madame la bédéiste, votre livre a une douceur incontestée qui témoigne de la dureté de l'adolescence.
 
 

mardi 5 juillet 2016

Chronique • Lucien Lucien - Anne Houdy


 
Madame l'écrivaine,
Votre livre me semblait très prometteur. Je n'avais jamais lu de livre dont le sujet portait sur le sentiment d'abandon d'un enfant si jeune. Ce dur sujet et le ton enfantin que procurait Lucien me semblaient un bon mélange afin de faire passer le lourd message avec un peu douceur. J'ai bien aimé Lucien. C'est un petit garçon très intelligent et un peu perdu. Sa façon de détourner les propos des adultes dans son esprit d'enfant était très drôle et le rendait attachant. C'était parfois difficile de le suivre tant son esprit vagabondait à une vitesse incroyable mais il restait tout de même abordable. Et malheureusement, c'est bien le seul personnage. Je suis complètement passée à côté des autres personnages. La maman absente, la famille peu accueillante, les professeurs excédés... J'ai eu beaucoup de mal à comprendre les adultes de votre roman. Personne ne veut de ce pauvre enfant qui souffre de l'abandon et ne demande qu'un peu d'amour et d'affection. Je n'ai pas réussi à comprendre les motivations des personnages, tout le monde avait l'air perdu dans ce roman, je n'ai pas trouvé de figure forte qui faisait office de pilier pour tenir l'histoire. Le seul personnage que j'ai trouvé lucide est Lucien mais sa position ne me permettait pas de me reposer sur lui. Il pleut beaucoup dans votre roman et pour Lucien, tout apparaît gorgé d'eau. J'ai un peu eu cette impression. Pour moi, votre roman est gorgé d'un énorme potentiel mais la brume m'a empêché de comprendre. En refermant le livre, j'ai eu l'impression d'être passée à côté, d'avoir raté toute la symbolique de votre roman.
Merci madame l'écrivain et désolé, je n'ai pas réussi à lire correctement votre livre.