samedi 11 février 2017

Chronique • Les belles vies - Benoît Minville


 
Monsieur écrivain,
Votre roman est d'une douceur folle. Malgré le passé difficile de chacun de ces enfants de la DDAS, vous illuminez vos pages d'un petit soleil. J'ai vraiment apprécier passer du temps en compagnie de ces personnages. Chacun renferme en lui une histoire profonde mais vous ne vous sentez pas obligé de nous l'exposer en détail. On sait simplement ce qu'il suffit de savoir pour les comprendre et c'est parfait. Comme dans la vraie vie en fait : vos personnages sont vivants mais n'ont pas besoin de le prouver pour l'être. Il y a une telle diversité dans ces enfants qu'il peut sembler surprenant de s'attacher à tous. Pourtant, ils m'ont tous bouleversée. J'étais avec eux, dans cette grande maison, durant tout l'été. Je n'ai pas eu du mal à m'imaginer les lieux, les personnages, les évènements. Ils étaient là, tout simplement.
Vous abordez des sujets variés et parfois difficile, comme les enfants maltraités, mais vos personnages ne suscite pas la pitié. Seulement la compassion. Tonton et Tata sont deux personnages incroyables. Ils se complètent parfaitement dans leur bonté et leur amour. Toujours présent, jamais à l'excès, ils ont une place centrale dans votre roman. Les liens entre les enfants gravitent autour d'eux sans qu'ils en soient directement responsables. Toute cette douceur existe grâce à eux mais elle est portée par tous les autres. Et cette ambiance un peu intime suffit à porter votre histoire. Il n'y a pas de quête principale, seulement des évènements quotidiens qui s'enchainent mais c'est ce qui fait votre force.
Merci monsieur l'écrivain, j'ai passé un incroyable été en plein hiver.

jeudi 19 janvier 2017

Chronique • Harry Potter et l'enfant maudit - Jack Thorne


 
Monsieur l'écrivain,
Près d'un mois après ma lecture, je viens enfin donner mon avis sur ce tant et si attendu huitième opus de Harry Potter. J'arrive un peu après la guerre, et je dois avouer que c'est surtout parce que même si j'étais sûre de vouloir lire votre livre, je n'en mourais pas d'impatience. Je pense que le fait que, malgré tout le respect que je vous dois, vous ne soyez pas J.K. Rowling a joué dans cette attente plus mesurée. En revanche, cela n'enlève en rien à votre talent. Si le format m'a au début quelque peu désorientée, j'ai finalement pris mes repères. Passer du roman au théâtre est un choix que je trouve assez culotté. Il fallait oser parce que cela ne permet pas de descriptions et l'ancrage dans l'univers est moins facile à engendrer. Cependant, vous vous en sortez très bien. Vous avez eu raison et malgré toutes les critiques que j'ai pu lire sur le fait que "ce n'est qu'un script", je suis persuadée que c'est un bon choix. Vous ne pouvez pas vous improviser J.K. Rowling et vous l'avez bien compris. Vous êtes Jack Thorne et vous écrivez du théâtre. Et vous le faites bien. Alors oui, je ne vais pas vous cacher que le cadre spatio-temporel m'a parfois dérangée, que le fait que le livre ne se déroule pas sur une année m'a perturbée, que le manque de descriptions de Poudlard m'a manqué. Mais tout ça, je le connais.
Passés les premiers moments de perplexité face à la forme, je me suis vraiment plongée dans votre histoire. J'ai trouvé les personnages assez bien retranscrit. Il y a eu certaines fois où je n'étais pas réellement convaincue mais vous avez effacé ces moments avec d'autres où nos héros étaient parfaitement en adéquation avec ce que l'on connaissait d'eux. J'ai beaucoup aimé le choix du scénario. L'idée est intéressante et pose des questions justes. Le déroulé du récit m'a parfois laissée dubitative avec des dénouements parfois un peu trop simples mais je ne pense pas assez connaître le théâtre contemporain pour juger s'il s'agit seulement de votre pièce. Dans l'ensemble, vous m'avez convaincue et j'ai vraiment passé un bon moment.
Merci monsieur l'écrivain. Bien évidemment, on ne peut pas s'empêcher de vous comparer à J.K. Rowling, mais je pense qu'on ne peut le faire que dans le bon sens. Vous avez réussi à écrire un Harry Potter.

 

jeudi 29 décembre 2016

Bulle • California dreamin' - Pénélope Bagieu


 
Madame la bédéiste,
J'avais entendu de nombreux avis positifs sur votre livre, et aimant beaucoup la chanson des Mamas & Papas, j'ai eu envie de découvrir votre bande-dessinée. J'ai d'abord été assez surprise de vos dessins qui donnent une impression d'inachevé mais j'ai fini par m'y faire et à apprécier le graphisme. Je trouve qu'il s'accorde très bien avec l'époque et le thème de la BD. Je ne m'attendais pas à grand chose en commençant votre livre, ce qui fait que, n'ayant pas d'attentes particulières, j'ai été réceptive à votre angle d'approche. Il est difficile de juger l'histoire d'une biographie étant donné qu'il s'agit de la vraie vie et que la vraie vie ne se prête pas toujours à un scénario fantastique. Malgré tout, je pense que vous avez choisi la bonne approche pour qu'il y est un véritable intérêt. J'ai appris des choses sur le groupe de façon très agréable. J'ai beaucoup aimé le personnage d'Ellen. Son extravagance est très attachante. D'une façon générale, tous les personnages sont attachants et vos dessins leur donnent beaucoup de relief. Ils sont parfaitement reconnaissables et vous avez su récupérer chez chacun un détail qui permet de l'identification.
Merci madame la bédéiste, j'ai beaucoup aimé votre travail et votre style graphique qui change de ce que je peux voir habituellement.
 

mercredi 28 décembre 2016

Chronique • La fille mirage - Elise Broach


 
Madame l'écrivaine,
C'est avec beaucoup d'envie que je me suis plongée dans votre roman. Il me paraissait prometteur avec une thématique que j'adore, le road-trip, qui plus est accompagné d'une quête. Malgré tout, j'ai ressenti une pointe de déception lors de ma lecture. Les éléments que j'attendais sont là mais tout m'a semblé un peu trop simple, autant dans le déroulé des actions que dans la construction des personnages. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée parce qu'il n'y a pas de moment de flottements, les personnages sont toujours dans l'action et l'enquête donne un bon rythme au livre. La lecture se fait rapidement et aisément et c'est vraiment un bon point. Une autre chose que j'ai aimé, c'est la façon dont vous faites évoluer les relations sentimentales. Malgré le fait que la romance prenne finalement une place assez importante, j'ai apprécié que vos personnages vivent l'amour compliqué. Dans la vraie vie, les gens ne tombent pas amoureux simplement. Et cela se voit dans votre roman. L'amour est dur, avec qui que se soit et à tous les âges.
Toutefois, malgré ces points positifs, je n'ai pas pu faire abstraction de mon incompréhension face aux personnages. J'ai trouvé Jamie absent, que Kit avait des réactions étranges et que Luce était inconsciente. Je veux bien accepter le fait qu'elle n'a que 14 ans mais je l'ai parfois trouvé trop naïve, trop insouciante alors qu'elle fait preuve de maturité face à certains évènements. J'ai trouvé que les personnages étaient trop masqué par l'enquête et à mon goût, celle-ci ne sert pas assez à les révéler.
Merci madame l'écrivaine, je n'ai pas réussi à faire abstractions de ces points que j'aurais aimé voir plus développés, j'ai passé une agréable lecture.
 
 

vendredi 23 décembre 2016

En pellicule • Rogue One - Gareth Edwards


 
Monsieur le réalisateur,
A la fin de la séance, j'ai vraiment été surprise lorsque je me suis dit que j'avais préféré Rogue One à Star Wars VII. Pourtant à mes yeux, Rogue One est beaucoup plus marketing que le septième film. Son scénario n'est pas indispensable à la saga, pour preuve, elle s'en est bien passée. Malgré tout, je dois reconnaître que vous m'avez merveilleusement fait oublier cette idée. Alors même si le film apparaît un peu comme une opportunité de combler un vide, il m'a beaucoup plu. Certaines scènes, notamment celles avec un grand angle de vue, sont à couper le souffle, les décors sont minutieusement choisis et on passe de façon fluide d'un univers à un autre, la touche d'humour est savoureuse et bon sang, ces personnages ! Je pense que si j'ai tant apprécié votre film, c'est parce que les personnages sont incroyables. Ils sont charismatiques et restent parfaitement en tête. Jyn a un caractère fort et n'hésite pas à se rebeller, Cassian a les épaules d'un leader, Bodhi m'a fait sourire à chacune de ses apparitions... Même le droïde, qui a un petit côté C-3PO, est excellent. Les personnages ont chacun une identité propre mais sont formés dans une cohérence qui donne envie de les suivre. Le film sait garder un ton humoristique lorsqu'il le faut grâce à des personnages qui sont fait pour incarner le comique mais Rogue One reste tout de même de façon constante dans l'action. Les deux heures sont bien utilisées, je n'ai pas ressenti de flottement, et j'ai trouvé que le temps accordé à chacun des personnages était bien réparti, sauf peut-être Saw pour qui la présence reste anecdotique.
Merci monsieur le réalisateur, même si je devrais vous en vouloir pour cette fin qui me laisse dans un sentiment que je ne saurais expliquer, vous avez su me convaincre avec tant de talent que je vous pardonne.
 
 

jeudi 22 décembre 2016

Chronique • Juste la fin du monde - Jean-Luc Lagarce


 
Monsieur l'écrivain,
Je tiens d'abord à m'excuser car je pense ne pas avoir saisi toute la tension dramatique et la beauté poétique du texte. En vérité, je pensais que votre texte serait beaucoup plus abordable. Je n'ai pas vu l'adaptation de Xavier Dolan au cinéma ainsi, ma vision n'a pas été altérée par la sienne. En un sens, c'est une bonne chose, en l'autre, procéder à ma lecture avec une idée déjà formée m'aurait peut-être aidé à mieux appréhender le texte. Votre style est incroyablement complexe. Je suis certaine qu'il y a un enjeu théâtral derrière celui-ci mais j'ai tellement été freinée par la composition que j'ai eu beaucoup de peine à accéder au fond. On m'a dit que votre histoire était forte et touchante et je l'ai ressenti à certains moments mais à chaque fois, j'ai été rattrapée par la forme. Il y a beaucoup de distance entre le lecteur et les personnages. Je n'ai pas réussi à les comprendre et les concevoir.
Merci monsieur l'écrivain. Je m'excuse de cette critique si légère mais votre écriture m'a trop tenue à distance. Le théâtre se joue et ne se lit pas me diriez-vous et vous avez raison, je devrais voir votre pièce.
 
 

lundi 19 décembre 2016

Chronique • Bleu saphir - Kerstin Gier


 
Madame l'écrivaine,
Après le tome 1, j'ai rapidement eu envie de lire la suite de la Trilogie des gemmes. Ce deuxième tome me parait légèrement au-dessus du premier. Effectivement, j'ai été contente de voir que les sauts dans le temps étaient plus fréquents. Pour moi, ils sont au cœur de votre trilogie et il est important de les exploiter au maximum. Dans Bleu saphir, l'intrigue est toujours très bien menée. Je dois cependant avouer que je ne sais pas où vous voulez nous mener. Grâce aux prologues et aux épilogues, je pense bien avoir une saisi quelques détails mais je n'arrive pas à démêler le sens des indices que vous disséminez. J'ai d'ailleurs ressenti quelques lenteurs parfois lorsque je me sentais trop mise à l'écart. Malgré tout, vous savez quand relancer l'action pour ne pas que ces moments de flottement durent trop.
Au niveau des personnages, j'ai l'impression de ne pouvoir me fier qu'à Gwendolyn. Tout le monde me parait suspect, sauf peut-être Xemerius qui apporte beaucoup d'humour et de relativisme. Je trouve que les personnages qui gravitent autour du duo sont trop peu développés. Ils manquent un peu de saveur et j'ai l'impression que beaucoup font l'office de figurants. Même certains personnages clefs manquent de charisme et j'ai du mal à les différencier des uns des autres. Je trouve cela dommage car cela ralenti la lecture. Toutefois, l'intrigue est assez solide pour me convaincre de continuer. J'apprécie beaucoup le sujet et je pense que c'est le point fort de votre roman.
Merci madame l'écrivaine, il me tarde d'avoir les réponses à toutes ces questions, j'espère que le troisième tome réunira la puissance de l'intrigue et la qualité des personnages.